Les psychothérapeutes se tirent (une fois de plus) une balle dans le pied

22-12-2016

Dans la nouvelle adaptation de la loi sur les professions de soins de santé mentale, la Cours Constitutionnelle a suspendu hier le volet consacré à la psychothérapie. Une procédure avait été intentée par quelques psychothérapeutes non universitaires qui se sentaient préjudiciés par les modifications législatives apportées par la ministre Maggy De Block. « Mais les psychothérapeutes se tirent (une fois de plus) une balle dans le pied pense Koen Lowet administrateur délégué de la Fédération Belge des Psychologues.

En avril 2014, une première version de la loi sur les professions des soins de santé mentale fut votée au parlement. Elle réglait enfin les professions de psychologue et d’orthopédagogue cliniciens en tant que professions de soins de santé et tentait également d’élaborer une solution pour la pratique de la psychothérapie. C’était nécessaire car l’accès à cette sorte d’aide était impossible pour bon nombre de patients rencontrant des problèmes psychiques. Cependant, la loi contenait quelques imperfections juridiques et devait donc être révisée afin qu’elle puisse être mise en vigueur.

 

Un des éléments de cette révision, à savoir le règlement de la psychothérapie, va être suspendu temporairement dans l’attente d’un prononcé sur le fond. « Et c’est surtout dommage pour les praticiens de la psychothérapie qui ne sont pas reconnues comme une profession de soins de santé », selon Lowet : « dans les modifications prévues par De Block, ils pouvaient poursuivre l’exercice de la psychothérapie sous certaines conditions. Ainsi, ils auraient pu être repris ultérieurement dans un éventuel financement. Si la Cours Constitutionnelle venait à rejeter réellement l’article en question, ils ne feraient plus partie des soins de santé avec toutes les conséquences."

 

Lowet n’en perd pas le sommeil pour autant. « Cette discussion fait rage depuis plus de 20 ans et a tellement divisé et polarisé le secteur. La solution qui avait été mise sur la table était honnête et offrait la possibilité de régulariser la pratique existante. S’ils la refusent cela devient surtout leur problème. » La suspension n’a en effet trait qu’à la psychothérapie. Pour les psychologues cliniciens, il n’y a bien sûr pas de problème. « Nous travaillons tranquillement à l ‘exécution de la loi sur les professions de soins de santé mentale et à l’intégration des psychologues cliniciens au sein des soins de santé. Pour nous il ne se pose aucun problème. "

Aujourd’hui, le ministre a nommé les président et vice-président du nouveau Conseil fédéral pour les professions de soins de santé mentale. Le Prof. Dr en psychologie clinique Nady Van Broeck en devient la présidente et le Dr Benoît Gillain en devient le vice-président.

 
Communiquez cet avis
Deel dit bericht