Les psychologues néérlandophones se préparent à l’action suite au nouveau modèle salarial IFIC attribué au secteur

15-05-2018

Ci-dessous, la réaction néerlandophone des psychologues vis-à-vis de la classification des fonctions établie par l’IFIC et qui a fait l’objet de longues négociations en commission paritaire (concertation réunissant les patrons et les syndicats qui ont amendé et avalisé cette proposition de l’IFIC).  

 

D’abord, il faut se rappeler que cette classification ne concerne pour l’instant que les institutions hospitalières privées. Ensuite, cette étude a démarré il y a une quinzaine d’années et sa mise en œuvre actuelle ne tient pas compte de l’évolution de la santé en Belgique depuis. Elle est donc hautement critiquable, surtout pour les psychologues dont le travail et le statut a beaucoup changé, par exemple, en termes de reconnaissance ou de collaborations pluridisciplinaires. Il est vrai que si le salaire des psychologues est resté inchangé depuis et il faut que nous nous mobilisions pour le faire savoir à l’IFIC. La situation est plus vivement ressentie en Flandres dans la mesure où nos pairs néerlandophones sont globalement mieux payés qu’en région francophone. La proposition barémique de la commission paritaire ne peut leur apparaître qu’encore plus outrancière. 

La classification de l’IFIC a le mérite d’enfin faire exister la fonction psychologique à l’hôpital qui se voit assignée un barème spécifique. Cependant, il faut réagir ; cela suppose de se mobiliser. Mais réagir vis-à-vis de l’IFIC ne suffira pas. Il s’agirait aussi d’être présent au sein des commissions paritaires au sein desquelles les décisions sont prises. Bref, pour nous faire entendre, il faudra aussi que nos associations adoptent un ton, une coloration nettement syndicale et se fassent reconnaître comme tel pour y avoir accès…

 

Voici la réaction de nos collègues néérlandophones: 

" Durant ces derniers mois, les travailleurs ont été informés de leur nouvelle affectation de fonction selon un nouveau modèle salarial IFIC. Ce nouveau modèle a été l’objet de longues négociations entre patronat et syndicats. A la base, on ne considère pas tant le diplôme que la fonction exercée.  Cependant, les psychologues s’insurgent contre les conséquences de ce nouveau système. « Avec le modèle IFIC, nous enregistrons une perte de salaire de 10 à 15%; nos collègues ne se reconnaissent nullement dans les fonctions proposées » déclare Koen Lowet, administrateur délégué.

Les psychologues cliniciens du secteur des soins de santé en ont plus qu’assez du manque de respect et de reconnaissance du travail accompli. La profession a été enfin reconnue il y a peu  comme profession autonome et à part entière en soins de santé mais cela ne se voit peu au regard du nouveau modèle IFIC.  La profession de psychologue clinicien est mentalement très stressante. Être journellement confronté à des problèmes de psychologie, recevoir et contrôler le personnel soignant, assumer la responsabilité des enjeux et de l’exécution des plans de traitement sont autant de tâches que nous assumons mais qui ne se traduisent pas dans les fonctions proposées de nos collègues » déclare Koen Lowet. Par ailleurs, le nouveau cadre légal des professions de soins de santé mentale assure une plus grande autonomie et donne donc plus de responsabilités au psychologue en question. Mais cela aussi ne se retrouve pas dans le nouveau modèle.  

 

Mais c’est surtout la perte de salaire de 10 à 15% en moyenne qui est un véritable camouflet. « Il faut savoir que nous ne disposons pas de financement propre comme par exemple nos collègues médecins et que notre rémunération est près de 20% inférieure à celle de nos collègues des pays avoisinants.  De nombreux collègues avaient l’espoir que le nouveau cadre légal signifierait enfin une valorisation de leur travail». Mais le nouveau modèle IFIC  est une véritable désillusion «Le domaine de la psychologie clinique est si diversifié que nombre de nos collègues s’investissent durant des années dans des formations permanentes en matière de psychothérapie ou de neuropsychologie. Cela n’est nulle part valorisé ! ».

 

Les psychologues se posent également un tas de questions sur la manière dont le processus sur l’IFIC a pris tournure. « A aucun moment notre association professionnelle a été consultée, ni sur les spécificités de notre profession ni sur le nouveau cadre légal. La convention collective a été négociée entre les grandes centrales syndicales et les organisations patronales du secteur soins de santé, mais personne n’est venu s’informer auprès de notre groupe professionnel. A se demander quelle est la réelle portée de ce nouveau modèle salarial ». déclare Koen Lowet. 

 

Les psychologues se préparent à des actions. “Tout d’abord, nous demandons à nos collègues de faire massivement appel de leur affectation de fonction qui ne représente en rien le travail effectué sur le terrain. Nous en appelons aux ministres De Block et Peeters pour qu’ils intercèdent sur l’IFIC afin que les différentes fonctions et les salaires soient réexaminés. Nous nous consulterons entre groupes professionnels concernés pour envisager d’autres actions », déclare un Koen Lowet combatif.

 

Pour plus d’informations sur ce communiqué de presse, adressez-vous à Koen Lowet  koen.lowet@bfp-fbp.be ou par GSM: 0476/383454 "

 

 

 

 
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